Voyager enceinte : c'est possible !

3 Dec 2019

Vous savez à quel point nous avons la bougeotte ; il était nécessaire que nous vous fassions cet article puisque de nombreuses fois, on nous a dit "tu ne vas plus pouvoir voyager ça y est !". Ah bon, pourquoi ? Nous n'avons pas le droit de prendre l'avion, le train ou encore la voiture lorsque nous sommes enceintes ? Première nouvelle. Bien trop de réflexions m'ont été faites et en parallèle, beaucoup de questions m'ont été posées sur les réseaux sociaux. Évidemment, j'écris cet article en fonction de mon expérience et je sais pertinemment que nous n'avons pas toutes les mêmes grossesses. D'ailleurs, j'insiste vraiment sur le fait qu'il est important que vous en parliez avec votre gynécologue si vous prévoyez de voyager durant votre grossesse puisqu'il sera mieux placé que moi pour vous dire ce que vous pouvez faire ou non.

Nous y voilà, je vais vous partager une jolie période de ma vie, une aventure à part entière. Puis je terminerai cet article en vous donnant tous les conseils qui vous seront utiles si vous avez la chance de voyager enceinte.

 

1er trimestre : Tout va bien !

 

Pour ne rien vous cacher, nous avons appris ma grossesse assez tard ce qui fait que je suis partie aux Philippines et à Bordeaux sans savoir qu'un petit être était en train de s'installer dans mon corps. Je n'ai eu aucune nausée durant mon premier trimestre et n'ai subi aucun gros coup de fatigue, ce qui m'a permis de profiter pleinement dès ses trois premiers mois.

 

  • 1er mois : 6 avions, 34 heures de vols, 6 heures d'escale

 

C'est parti pour les Philippines ! Nous prenons un premier vol Marseille - Paris, suivi d'un vol Paris - Oman et pour terminer nous faisons Oman - Manille. Arrivés sur place, j'ai la pêche ! Je veux partir marcher pendant des heures dans les rizières de Batad, je veux nager avec les poissons, je veux découvrir ce peuple qui m'entoure et rien ne m'arrêtera durant ces 10 jours. J'ai eu quelques crampes très fortes en bas du ventre le soir, comme si j'allais être indisposée ou que mon intestin faisait des siennes. Loin de me douter que mon corps se modifiait, j'ai pris quelques spasfon, doliprane, smecta et j'ai même acheté des bouteilles d'eau Evian. Oui, parce que je ne mangeais que du riz donc je me suis dit que ça venait de l'eau. Et bien, nous qui pensions que nous ne trouverions jamais une bouteille d'Evian plus chère qu'au pied de la Tour Eiffel, c'était faux... 5€ la bouteille d'Evian aux Philippines !

 

 

  • 2e mois : 2 avions, 2 heures de vols

 

A priori le chiffre deux était à l'honneur ce mois-ci ! C'est à Bordeaux que nous décidons de partir un week-end afin de découvrir la ville et de nous rendre sur la Dune du Pilat. Nous y sommes allés en avion car les 6h30 de voiture depuis Marseille ne nous ont pas vendu du rêve. Effectivement, maintenant que j'écris, je me souviens que le matin les réveils étaient durs. J'étais un peu plus fatiguée que d'habitude mais comme je me dis souvent à cette période de l'année (avril-mai) que c'est le changement de saison, je ne me suis pas inquiétée plus que ça. En plus, j'ai eu la chance de faire une belle infection urinaire donc rien de très exceptionnel de ne pas se sentir en forme olympique avec tout ça.

 

 

La jolie découverte : c'est après cette infection urinaire que j'ai fait des analyses de sang, pour être sûre de ne pas avoir une infection aux reins que nous avons découvert que j'étais enceinte de plus de 10 semaines ! D'abord surpris, nous avons vite réalisé que nous allions vivre une incroyable aventure, une aventure sans billet retour. Nous avons naturellement décidé de continuer à voyager, que ce soit pour des week-ends en France ou bien des séjours à l'étranger. Pour moi, c'était très simple : il fallait que j'apprenne à écouter mon corps, si ce n'est pas lui qui m'arrête alors je continuerai à vivre tout ce que j'ai à vivre sans soucis.

 

  • 3e mois : 4 avions, 6 heures de vols, 4 heures d'escale

 

Un premier vol de Marseille à Madrid, puis un second de Madrid à Minorque. Nous avons organisé notre voyage à Minorque, en faisant un programme parfois un peu trop chargé. Nous l'avons donc réaménagé une fois sur place. Je ne sais pas si c'est parce que j'étais un peu plus fatiguée que d'habitude ou si tout simplement j'avais envie que l'on profite réellement de tous ces moments à deux mais j'avais envie de prendre un peu plus mon temps. J'avais envie de m'allonger sur une plage pour y faire une sieste, de rester assise face au Pont d'En Gil à manger mes cerises achetées plus tôt dans la journée, à flâner de longs moments dans les rues des petits villages... Bref, j'avais envie de prendre mon temps.

Concernant la voiture sur place, les routes sont en bon état donc je n'ai eu aucun problème, ni aucune peur. J'ai également marché durant des heures sur des sentiers.

 

 

L'annonce : c'est à ce moment que je me suis demandée si j'étais trop positive, même parfois si je n'étais pas dans le déni. Beaucoup, beaucoup, beaucoup trop de personnes pensent qu'être enceinte est une maladie, une espèce de poids qui s'installe dans ton corps pour te dire que la vie est finie. Étonnamment, j'ai plutôt envie de dire que tout commence.

 

Les phrases des gens nous ont parfois surpris : "Maintenant c'est fini Julie, tu ne voyageras plus, tu en es consciente ?", "Et toi Nico, ça va ce n'est pas trop dur ? De te dire que tu vas passer le reste de ta vie cloué à Marseille?". PIRE : "Vous pensez que vous allez pouvoir rester ensemble si vous ne voyagez plus ?"

Euuuh... mais ce sont des questions sérieuses ? Aaah oui d'accord, vous êtes probablement frustrés dans votre vie pour penser des choses pareilles. Ce n'est pas grave, non, en fait c'est juste énervant.

Je pourrais vous en écrire des tas de phrases comme celles-ci mais je n'aime pas porter de l'intérêt sur des points négatifs. Je préfère continuer mon article à vous décrire mon expérience et à vous dire que tout est possible à partir du moment où vous vivez ce que vous avez envie de vivre et que votre médecin ne vous donne pas de restriction particulière.

 

2e trimestre : c'est ce que j'appelle la forme Olympique !

 

  • 4e mois : 2 avions, 2 heures de vols

 

C'est en avion que nous nous sommes rendus à Toulouse pour pouvoir ensuite visiter la région du Tarn, dans le Sud-Ouest de la France. L'atterrissage à Toulouse a été très compliqué puisqu'il y avait des turbulences. Si jusqu'à présent dans ma vie je gérais très bien ce genre de moment, j'ai bien failli rendre mon petit-déjeuner. J'ai mis 2 heures à m'en remettre mais après ça, le séjour s'est très bien passé.

 

 

  • 5e mois : 7 heures de train et quelques heures de voiture

 

Cette fois-ci, c'est en train que nous nous rendons dans les Alpes du Léman. Aucune difficulté particulière concernant ce mode de transport. Sur place, Nico a fait beaucoup d'activités sportives (Vol en planeur, Via Ferrata, VTT, Trottin' herbe) que j'ai préféré ne pas faire. J'en ai profité pour me balader, respirer l'air frais de la montagne et prendre quelques kilos grâce aux bonnes spécialités montagnardes.

 

 

Début août, nous nous sommes rendus dans les Gorges du Verdon pour rejoindre ma famille le temps d'un week-end. C'est à 2 heures de route de chez nous et j'ai pas mal dormi dans la voiture puisque j'étais fatiguée de ma semaine. Habituellement, je ne suis pas malade mais évidemment cette fois-ci je n'ai pas géré les nombreux virages qui mènent jusqu'à Castellane. C'est à 3 minutes du camping que j'ai demandé à Nico de s'arrêter. J'étais pâle, heureusement que j'avais une banane à proximité pour me redonner quelques forces pour les 2 derniers kilomètres qui nous restaient.

 

 

  • 6e mois : 3 heures de train, 2 avions, 15 heures de vols et beaucoup de voiture

 

En août, nous nous sommes rendus 2 week-ends de suite à Serres dans les Alpes puisque ma petite famille était en vacances là-haut. À seulement 1h30 de route de Marseille, je n'ai rencontré aucune difficulté pour aller profiter de la piscine, des lacs, de la nature et de l'agréable fraîcheur des nuits.

 

 

Fin août, nous prenons l'avion pour nous rendre au Canada. À l'aller, nous avons fait 3h de train jusqu'à Paris, puis 7h de vol jusqu'à Québec. Ma gynéco m'avait prescrit des bas de contention que j'ai mis durant toute la durée du vol. Je me suis promenée dans l'avion et j'ai beaucoup bu comme elle me l'avait conseillé. J'ai quand même eu une grosse frayeur en sortant de l'avion : de gros coups de jus me lançaient dans l'utérus. J'étais un peu paniquée mais je décide de ne pas affoler tout de suite Nico. Nous avons récupéré la voiture et je me suis allongée tout de suite. Jusqu'au lendemain matin je suis restée allongée et c'était passé. Après avoir lu quelques articles sur internet, il paraît que c'est le poids du bébé qui fait ça, lorsque l'on reste trop longtemps dans la même position. Bon de toute façon c'est passé, on n'en parle plus !

 

Nous avons beaucoup roulé au Canada et pour éviter que ça me tire le ventre, je me mettais en position allongée pour presque tous les trajets. Je ne sais pas si ça m'a aidé mais je n'ai ressenti aucune douleur dans le ventre durant mon séjour. Nous n'avons pas fait de grandes randonnées mais je marchais parfois jusqu'à 4 heures par jour, à mon rythme évidemment car avec les kilos en plus j'étais très vite essoufflée.

 

Je suis tombée malade la veille de prendre l'avion, petit rhume avec de la fièvre. Nous étions arrivés à Montréal depuis 2 jours, j'ai préféré ne pas prendre de risque et rester me reposer dans l'appartement plutôt que de me fatiguer encore plus. Nico a pu quand même profiter de cette ville en compagnie de son cousin.

Le retour en revanche j'ai eu du mal à m'en remettre. Ce n'est pas tant les 7h de vol qui ont été compliquées pour le coup, c'est le décalage horaire. C'est simple, il y a 6h d'écart, j'ai dû mettre 6 jours pour m'en remettre !!

 

 

Bilan du deuxième trimestre : J'ai vécu mon deuxième trimestre comme j'en avais envie. Le bébé était en forme et n'arrêtait pas de gigoter, ce qui a été rassurant lorsque j'ai eu des petites douleurs. Je dirais même qu'il est très sage puisqu'il a l'air de dormir quand je dors, ce qui me permet d'avoir des nuits complètes où mon sommeil est vraiment récupérateur. Pourvu que ça dure, à entendre les mamans autour de moi, il faut que j'en profite. Je n'ai pas voulu prendre de l'homéopathie ou des produits naturels pour mes maux de transport puisqu'ils étaient occasionnels. J'ai en revanche pris des spasfon lorsque mon ventre me tirait trop. Je n'ai même pas les problèmes de vessie que beaucoup de femmes ont. Par contre je mange régulièrement un petit quelque chose : des bananes, des noix, des amandes, des fruits etc... c'est peut-être la recette de ma forme olympique, qui sait.

 

3e trimestre : Au repos !

 

  • 7e mois : 3 heures de train

 

Nous sommes remontés voir ma famille qui habite à 1h de Paris et après les 3h30 de train j'avais des coups de jus dans l'utérus. Ça y est, ça recommence ! Mais j'étais moins inquiète qu'au Canada puisque j'étais en France et que mes parents se sont très bien occupés de moi. Je me suis donc beaucoup reposée.

 

L'arrêt-maladie : nous y voilà ! L'étape que je redoutais : l'arrêt-maladie. 3 semaines avant mon congé pathologique, 5 semaines avant mon congé maternité. Comme je vous le disais au début de l'article, j'ai appris à écouter mon corps mais pas complètement en fait... 5 jours que mon ventre tirait, 5 jours que je vivais toujours au même rythme jusqu'à ce que mon ventre me fasse vraiment mal et que je décide d'aller consulter. Puis voilà que ce n'est plus à moi de décider, c'est aux professionnels et lorsqu'ils disent REPOS ce n'est pas une blague, je n'ai pas eu mon mot à dire. Un moment que j'ai mal vécu... Pendant 2 heures ! Après je me suis vite raisonnée en me disant que c'était pour le bien de notre bébé.

 

  • 8e mois : 2 week-ends à moins de 2h de route de Marseille

 

Le premier week-end que nous avons fait lorsque j'entamais mon 8e mois, c'est dans le Massif de l'Esterel. Nous avons passé deux nuits dans le village de Pierre et Vacances, où nous avions tout à disposition, inutile donc de reprendre la voiture pour se restaurer. Il n'a pas fait très beau, comme à chaque fois que nous venons dans cette région, nous alternions donc entre balade et sieste. Un très bon compromis pour un week-end reposant.

 

 

Pour le deuxième week-end, je rentrais 2 jours plus tard dans mon 9e mois et nous fêtions nos 6 ans d'amour dans les Cabanes Coucoo Grands Cépages à Sorgues. J'avouerai que c'est à partir de ce moment que j'ai compris que l'autoroute ne me poserait aucun problème jusqu'à la fin de ma grossesse. En revanche, les routes secondaires et leurs nombreux nids-de-poule n'étaient pas du tout agréables. Encore un week-end fort reposant entre promenades dans le domaine des cabanes et spa nordique. Je vous mets en garde concernant le spa nordique qui n'est pas forcément recommandé durant la grossesse, je faisais des séances de 15 minutes pas plus et l'eau n'était pas bouillante. D'après ce que j'ai pu lire et entendre, le plus important est de garder une température de votre corps à 37 degrés pas plus.

 

 

Mes conseils pour voyager durant votre grossesse :

 

- Vérifier auprès des compagnies aériennes jusqu'à combien de SA (semaines d'aménorrhées) vous pouvez voyager : Air France n'a pas de limite par exemple mais généralement c'est maximum 35 semaines pour les autres compagnies,

- Avoir une autorisation de votre sage-femme écrite (qui stipule votre date de terme et où vous en êtes dans votre grossesse),

- Habillez-vous confortablement pour les transports et n'oubliez pas vos bas de contention,

- Toujours avoir de l'eau et des choses à grignoter,

- Trousse à pharmacie : spasfon, doliprane. Inutile d'avoir d'autres choses, vous ne pourrez pas en prendre,

- Écouter votre corps et ne pas forcer lorsqu'il demande du repos.

Share on Facebook
Share on Twitter
Please reload

Posts à l'affiche